Les risques naturels, y compris les risques climatiques, peuvent être significatifs pour les établissements financiers suisses. Les risques pour les banques, gestionnaires d’actifs ou assureurs proviennent généralement des conséquences physiques de changements de la nature tels que le changement climatique ou des risques de transition, par exemple en raison de mesures drastiques de politique climatique. Dans les secteurs économiques concernés, des valeurs patrimoniales inscrites dans les bilans d’établissements financiers pourraient devenir illiquides ou être exposées à des risques d’évaluation accrus. En principe, des risques financiers liés au climat et autres facteurs naturels peuvent être saisis dans les catégories classiques de risque telles que les risques de crédit, de marché, d’assurance ou les risques opérationnels. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle catégorie de risque, mais d’un nouveau facteur de risque. Des défis spécifiques se posent toutefois en raison des caractéristiques particulières de ces risques.
Dans sa pratique, la FINMA s’appuie sur les définitions et les recommandations des organismes internationaux de normalisation tels que le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (BCBS), l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), l’Association internationale des contrôleurs d'assurance (AICA) et les bases du Network of Central Banks and Supervisors for Greening the Financial System (NGFS).
En ce qui concerne les risques de transition, la priorité est surtout le passage à une société émettant moins de gaz à effet de serre. Des risques indirects considérables de différents types peuvent apparaître pour les établissements financiers du fait de mesures contraignantes de politique climatique ou d’avancées technologiques à portée climatique. Un établissement financier peut par exemple avoir investi dans une entreprise (risque de marché) ou octroyé des crédits à une entreprise (risque de crédit) qui ne parvient pas à maintenir le rythme face aux mesures politiques ou au développement technologique. On peut également envisager des risques juridiques dus à des comportements fautifs de la part d’entreprises, à des changements de jurisprudence ou à des changements brusques dans le comportement d’acteurs du marché, et des risques de réputation qui en découlent pour les établissements financiers qui y sont liés.
D’après les données recueillies par la FINMA en 2025, les banques et les assureurs évaluent les risques de transition comme étant plutôt faibles actuellement pour la place financière suisse, mais tablent sur une hausse dans les dix prochaines années:

Pour les risques physiques, on fait généralement une distinction entre risques aigus et risques chroniques. Les risques aigus sont surtout des incidents liés à des événements tels que des tempêtes ou des inondations. Les risques chroniques correspondent aux effets à long terme, par exemple la hausse du niveau des mers. Ces facteurs de risque peuvent se manifester par des pertes – parfois inattendues – pour des établissements financiers en influençant les catégories de risque traditionnelles (par ex. risques de crédit et de marché).
Dans leur évaluation des risques physiques, les banques et les assureurs prévoient également une claire augmentation au fil du temps:

La FINMA partage l’évaluation des acteurs du marché financier selon laquelle l’exposition aux risques de transition et aux risques physiques augmentera à l’avenir. L’incertitude dans la modélisation des risques climatiques reste néanmoins élevée. Les risques physiques, en particulier, sont peut-être encore sous-estimés.
De plus amples informations sur l’évaluation des risques financiers liés au climat pour la place financière suisse figurent dans les rapports sur les risques climatiques que la FINMA établit chaque année (en vertu de l’art. 40d de la loi sur le CO2).