Gains boursiers prétendument garantis

Quand, au téléphone ou sur Internet, l’on vous promet des gains rapides et assurés sur le marché des actions, vous devez faire preuve du plus haut degré de méfiance et de prudence. L'exemple de la société Topfraude SARL en est la preuve.
Soyez vigilant quand vous recevez des appels ou des courriels vous indiquant que l'ultime entrée en bourse d'une entreprise inconnue est sur le point d'avoir lieu et que la valeur des actions correspondantes connaîtra une hausse significative et fulgurante. Avant d'acquérir lesdites actions, procurez-vous toutes les informations nécessaires, ne vous précipitez pas et prenez une décision en pleine connaissance de cause.

La société Topfraude SARL

«Bonjour, je m'appelle monsieur Dupont et je représente la société Topfraude SARL, à Vevey. Si vous voulez réaliser des gains substantiels et rapides, j'ai une excellente opération à vous recommander à la Bourse de Francfort.» La pratique frauduleuse a été amorcée par un discours amical. «Les actions en question concernent la société Cashteque SA, une entreprise du secteur des nouvelles technologies en passe d'effectuer une formidable percée grâce à une idée géniale dans le domaine des énergies renouvelables. En achetant des actions lors de la prochaine introduction en bourse de l'entreprise, on peut être assuré de participer à la marche future de ses affaires. Il y aura au moins 10000 actions à acquérir au prix unitaire de cinq francs seulement. D'après les analystes, la valeur de l'action Cashteque va au moins quadrupler après l'entrée en bourse. Néanmoins, celle-ci étant prévue pour le lundi suivant, il faut saisir cette chance au plus vite.» Le discours a séduit monsieur Paul, un investisseur à sensibilité écologique: le jour même, il a fait transférer la somme de 50000 francs suisses sur un compte de Topfraude SARL en croyant réaliser un investissement judicieux et durable.

L'intervention de la FINMA

Les investisseurs n'ayant toujours pas reçu les certificats des actions Cashteque plusieurs semaines après l'entrée en bourse, certains d'entre eux ont signalé ce fait étrange à la FINMA. La société Cashteque SA semblait vraiment exister et son site Internet offrait toutes les garanties de sérieux, y compris dans sa description de la prochaine entrée en bourse. Cependant, il est immédiatement apparu que la société Topfraude SARL avait subrepticement vendu les actions de Cashteque SA sans autorisation. La FINMA a alors nommé un chargé d'enquête auprès de la société Topfraude, qui a alors pu établir le constat suivant: l'entreprise avait pour seule finalité commerciale de vendre un maximum d'actions de Cashteque SA à des investisseurs suisses à un prix abusif. Par la suite, la société Topfraude SARL a été mise en liquidation par la FINMA au motif qu'elle exerçait une activité de maison d'émission sans disposer de l'autorisation requise de négociant en valeurs mobilières.

Le mécanisme de fraude

Tandis qu'il attendait en vain ses certificats, monsieur Paul avait effectué une brève recherche sur Internet, qui l'avait fortement inquiété. Les cinq premiers résultats de cette recherche ciblée sur le nom de Cashteque faisaient en effet état d'alertes dans lesquelles il était vivement déconseillé d'acheter des actions de cette entreprise, qualifiées de «penny stocks» dénuées de valeur. En raison de volumes d'échange en bourse généralement minimes, les penny stocks se caractérisent par un haut niveau de fluctuation des cours et font donc souvent l'objet de spéculations. D'un montant de 100000 euros, le capital-actions de Cashteque SA était fractionné en dix millions d'actions d'un centime. Monsieur Paul avait alors pris conscience du fait qu'il avait acheté à un prix totalement abusif des actions sans aucune valeur d'une société qui n'avait jamais exercé de réelle activité.

Les conséquences pour les investisseurs

Lors de la mise en faillite de la société intermédiaire Topfraude SARL, la FINMA n'a pu que constater que tous les fonds versés avaient été empochés par les propriétaires de l'entreprise fantôme Cashteque SA, en Allemagne. La FINMA n'ayant pas la possibilité d'agir elle-même à l'encontre de sociétés enregistrées en Allemagne, l'argent versé par l'investisseur écologique, monsieur Paul, et par d'autres s'est donc avéré irrémédiablement perdu. Les propriétaires malhonnêtes de Cashteque ont tiré profit de leur établissement en dehors des frontières nationales. C'est là une pratique qui est malheureusement répandue.